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Laurier rose : attention plante toxique à manipuler avec précaution
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Le laurier rose est-il une plante toxique ? Une beauté trompeuse
Oui, le laurier rose est bel et bien une plante toxique, l’une des plus redoutables du jardin méditerranéen. Son nom scientifique est Nerium oleander. Il ne fait pas partie de la famille des lauriers comestibles comme le laurier noble, celui qu’on met dans la soupe. Le laurier rose appartient à la famille des Apocynacées, qui regroupe plusieurs plantes à alcaloïdes puissants.
Toutes les parties de la plante sont toxiques : les feuilles, les tiges, les fleurs et même le bois. L’ingestion, même d’une très petite quantité, peut provoquer une intoxication sérieuse. C’est un végétal qui contient plusieurs substances dangereuses, dont l’oléandrine, un glycoside cardiotonique. Ce composé agit sur le cœur, un peu comme la digitaline, en perturbant le rythme cardiaque. Les premiers symptômes d’intoxication peuvent apparaître rapidement : nausées, vomissements, douleurs abdominales, troubles du rythme cardiaque, vertiges, somnolence voire coma dans les cas graves. Le simple fait d’utiliser une branche de laurier rose comme pic à brochette ou de brûler ses feuilles peut suffire à provoquer des malaises. Même l’eau dans laquelle des fleurs ont trempé devient toxique.
Le laurier rose est-il toxique pour les enfants ? Un danger souvent sous-estimé
Ce qui rend le laurier rose particulièrement dangereux, c’est qu’il pousse souvent à portée des enfants. Ses jolies fleurs colorées peuvent attirer la curiosité des tout-petits qui ne se méfient pas. Ils peuvent porter une feuille ou une fleur à la bouche, parfois sans que l’on s’en aperçoive. Or il faut très peu de matière végétale pour entraîner une intoxication sérieuse chez un enfant. Même mâchonner un petit fragment de feuille peut provoquer des troubles digestifs et cardiaques.
Le risque est d’autant plus sournois que les symptômes peuvent être retardés. Il est donc primordial de ne jamais laisser un enfant sans surveillance à proximité d’un laurier rose. Et surtout d’expliquer, dès le plus jeune âge, que certaines plantes ne doivent jamais être touchées ni goûtées. C’est un geste de prévention aussi important que de leur apprendre à ne pas mettre les doigts dans une prise électrique. Il ne faut pas céder à la panique bien sûr mais garder en tête que cette plante, aussi belle soit-elle, ne doit jamais être manipulée à la légère; et si manipulation il y a, de ne pas mettre ses mains à la bouche ensuite et de toujours se laver les mains apres avoir manipulé le laurier rose!
Le laurier rose est-il toxique pour les animaux ? Une menace dans le jardin
Oui, le laurier rose est aussi toxique pour les animaux, en particulier les chiens, les chats et les chevaux ! Les chiens sont souvent tentés de mordiller les branches ou les feuilles, surtout les jeunes chiots curieux de tout. Les chats, eux, peuvent mâchouiller les feuilles par ennui ou pour se purger. Les symptômes d’intoxication chez les animaux ressemblent à ceux de l’homme : vomissements, salivation excessive, ralentissement ou irrégularité du cœur, faiblesse musculaire, tremblements et parfois mort subite. Les chevaux sont très sensibles à l’oléandrine, et l’ingestion même de feuilles sèches mélangées au foin peut provoquer un arrêt cardiaque.
Il est donc fortement déconseillé de planter du laurier rose dans les jardins fréquentés par des animaux domestiques ou d’élevage. Si vous en avez déjà un, veillez à ce que les animaux n’y aient pas accès, surtout en période de floraison ou de taille. Même les feuilles tombées au sol restent toxiques. Ce n’est pas une plante que l’on doit considérer comme décorative sans précaution. La beauté du laurier rose ne doit pas nous faire oublier qu’il fait partie des végétaux les plus dangereux d’Europe !
Le laurier-rose contient-il du cyanure ? Une confusion à clarifier
Contrairement à ce que l’on entend parfois, le laurier rose ne contient pas directement du cyanure, mais la confusion est compréhensible. Certaines plantes toxiques libèrent du cyanure lors de la digestion, comme le laurier cerise ou les noyaux d’abricots. Le laurier rose, lui, contient des hétérosides cardiotoniques comme l’oléandrine, la nériine ou la digitoxigénine. Ce sont des substances qui perturbent profondément le fonctionnement du cœur et qui peuvent, comme le cyanure, provoquer une défaillance cardiaque aiguë.
Il n’est donc pas nécessaire qu’il contienne du cyanure pour être dangereux. Son mode d’action est différent mais tout aussi redoutable. Il agit de façon directe sur la pompe cardiaque, en ralentissant ou en perturbant le rythme jusqu’à l’arrêt. Ce n’est pas une intoxication bénigne. Il n’existe pas d’antidote universel, le traitement repose sur la prise en charge hospitalière, souvent en soins intensifs. C’est pourquoi il faut éviter tout contact prolongé avec la sève, se laver les mains après l’avoir taillé et ne jamais l’utiliser pour manipuler de la nourriture.
Mieux vaut prévenir que guérir
Le laurier rose, malgré sa toxicité, continue de séduire par sa beauté et sa capacité à résister au climat sec. Il a sa place dans les jardins d’ornement à condition de bien en connaître les dangers. En tant qu’herboriste, je n’utilise jamais cette plante dans mes préparations ni dans mes conseils. Elle ne fait pas partie des plantes médicinales que je recommande, car son potentiel toxique est bien trop élevé par rapport à ses bénéfices supposés. Elle appartient à ces plantes qu’on regarde avec respect mais qu’on évite de manipuler.
Apprendre à identifier les plantes toxiques, c’est aussi se reconnecter à la nature de manière responsable. Cela permet d’apprécier leur beauté sans mettre sa santé en péril. Le laurier rose est un exemple parfait de cette dualité entre esthétique et danger. Il mérite d’être connu pour ce qu’il est vraiment : un arbuste somptueux mais dont la manipulation exige vigilance et respect.
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L’herboristerie, c’est prendre le mal à la racine, mais le plus important c’est de ne pas se planter !
- Paul Sammut, Docteur en Pharmacie & Herboriste
L'Herboristerie du Dr. Sammut
Cet article a été vérifié par le Docteur en pharmacie et herboriste Paul Sammut.
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