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Attention à la différence entre les différents lauriers : un nom, plusieurs plantes et différents dangers
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Quels sont les différents types de lauriers ?
Le laurier le plus connu est sans conteste le laurier noble, aussi appelé laurier sauce. Il s’agit en réalité de la même plante, Laurus nobilis, appartenant à la famille des Lauracées. Ses feuilles vert foncé, brillantes et très aromatiques sont utilisées aussi bien en phytothérapie qu’en cuisine. C’est le seul laurier que l’on consomme en toute sécurité, et il est même recommandé pour ses nombreuses vertus digestives et antiseptiques.
Mais attention, plusieurs autres plantes portent le nom de « laurier » sans avoir de lien botanique avec lui. Le laurier-rose, Nerium oleander, est un arbuste très courant dans les régions méditerranéennes, notamment dans les jardins et les bords de route. Ses fleurs sont magnifiques, mais toute la plante est hautement toxique. On ne l’utilise jamais en herboristerie. Le laurier-cerise, Prunus laurocerasus, est lui aussi très répandu dans les haies. Ses feuilles ressemblent à celles du laurier noble, mais elles contiennent des substances qui libèrent du cyanure à l’ingestion. Une autre espèce que l’on évite rigoureusement dans toute préparation médicinale ou culinaire. Enfin, le laurier-tin, Viburnum tinus, que l’on croise parfois dans les jardins d’ornement, est certes moins dangereux que ces derniers mais il reste également toxique; il n’appartient pas à la même famille et ne partage aucune propriété médicinale avec le vrai laurier.
Quelle est la différence entre le laurier noble et le laurier sauce ?
C’est probablement la question qui revient le plus souvent chez les amoureux de plantes. Pourtant la réponse est simple : il n’y a aucune différence botanique entre le laurier noble et le laurier sauce. Il s’agit bien de la même plante, Laurus nobilis. La seule distinction vient de l’usage que l’on en fait. En cuisine, on parle plus volontiers de laurier sauce pour désigner ses feuilles utilisées pour parfumer les plats. En herboristerie ou en aromathérapie, on l’appelle laurier noble pour souligner ses vertus thérapeutiques, notamment sous forme d’huile essentielle ou de décoction. Ce double nom peut induire en erreur, mais retenez bien que tant qu’on parle de Laurus nobilis, on est sur la bonne plante.
Comment reconnaître un laurier toxique ?
Apprendre à identifier le vrai laurier est une précaution essentielle pour éviter les accidents. Le laurier noble a des feuilles ovales, coriaces, vert foncé, avec un bord lisse et une texture un peu cuir. Quand vous froissez une feuille entre vos doigts, une odeur chaude, épicée et légèrement camphrée s’en dégage. Les feuilles se cueillent toute l’année, mais elles sont plus parfumées en été.
Le laurier-rose, en revanche, présente des feuilles longues et étroites, un peu pointues, disposées en spirale. Il produit de belles fleurs roses, blanches ou rouges selon les variétés, mais malgré son apparence décorative, c’est une plante hautement toxique, même en petite quantité. On ne la manipule jamais pour l’ingestion.
Le laurier-cerise se distingue par ses feuilles plus larges, d’un vert brillant et sombre, et surtout par une odeur d’amande amère quand on les froisse, signe caractéristique de la présence de composés cyanogéniques. Un autre signal d’alarme à connaître.
Le laurier-tin quant à lui se reconnaît à ses petites feuilles ovales, un peu plus ternes, et à ses grappes de fleurs blanches suivies de baies noires. Sans danger immédiat, certes, mais tout de même toxique.
Quel est le meilleur laurier ?
Il est tentant de se poser cette question tant on entend parler des bienfaits du laurier dans les remèdes naturels. La réponse est sans équivoque : le meilleur laurier est le laurier noble ! Il est non seulement sûr à l’usage, mais aussi riche en propriétés médicinales. Ses feuilles favorisent la digestion, apaisent les ballonnements, stimulent l’appétit, et possèdent des vertus légèrement antiseptiques. Son huile essentielle est utilisée pour soulager les douleurs musculaires, améliorer la circulation et aider à combattre certaines infections cutanées. C’est une plante précieuse, facile à cultiver en pot ou dans un jardin, et qui peut vraiment faire partie d’une trousse familiale de santé naturelle.
Mais attention, encore une fois, à bien vous assurer de l’espèce avant tout usage ! En cas de doute, demandez toujours conseil à un professionnel de santé ou à un herboriste qualifié. Ce genre de vérification simple peut éviter bien des erreurs.
Prendre le temps de bien connaître les plantes
Ce qui rend la phytothérapie si belle, c’est justement cette proximité que l’on cultive avec les plantes. Mais comme dans toute relation, il faut apprendre à bien connaître l’autre avant de lui faire confiance. Avec les lauriers, cette règle prend tout son sens. Derrière un nom commun peuvent se cacher des réalités très différentes, allant de la plante médicinale précieuse à l’arbuste mortel. Il ne faut jamais improviser ! Mieux vaut poser des questions, observer, comparer, et si besoin, se faire accompagner dans l’apprentissage. Car c’est dans cette connaissance fine des plantes que naît une pratique naturelle efficace, sûre et respectueuse !
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L’herboristerie, c’est prendre le mal à la racine, mais le plus important c’est de ne pas se planter !
- Paul Sammut, Docteur en Pharmacie & Herboriste
L'Herboristerie du Dr. Sammut
Cet article a été vérifié par le Docteur en pharmacie et herboriste Paul Sammut.
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