Belladone : attention plante toxique aux effets puissants

Belladone : attention plante toxique aux effets puissants

La belladone, c’est un peu l’archétype de la plante à double visage. Elle est belle, elle intrigue, elle a une histoire riche qui traverse les siècles mais c’est aussi une plante toxique dont les effets peuvent être très dangereux si elle est utilisée sans précaution. Dans mon métier d’herboriste, je rencontre souvent des personnes qui la confondent avec d’autres plantes ou qui en ignorent totalement la toxicité. Pourtant la belladone fait partie de ces végétaux que l’on doit approcher avec la plus grande prudence. Aujourd’hui je vous propose de mieux comprendre cette plante mystérieuse, pour apprendre à la reconnaître, en connaître les effets et éviter les pièges.

La belladone est-elle toxique ? Une plante qui ne pardonne pas l’erreur

La réponse est simple : oui, la belladone est une plante toxique, l’une des plus redoutables de nos régions. Elle pousse souvent à l’ombre des bois, sur des sols riches en humus, principalement en Europe et dans certaines régions d’Afrique du Nord. Son nom latin est Atropa belladonna, un clin d’œil à la mythologie grecque où Atropos était l’une des trois Moires, celle qui tranchait le fil de la vie. Tout un symbole.

Toutes les parties de la plante sont toxiques : les feuilles, les racines, les tiges et surtout les baies noires brillantes qui attirent facilement l’œil des enfants. Ces baies ont un goût légèrement sucré mais c’est ce qui est écrit dans les textes : je n’ai pas testé et je vous invite à ne PAS le faire non plus : leur ingestion peut entraîner des troubles très graves ! Les substances responsables de cette toxicité sont des alcaloïdes puissants, principalement l’atropine, la scopolamine et l’hyoscyamine. Ces composés agissent sur le système nerveux central et perturbent la transmission des signaux entre les nerfs et les muscles. Même une faible quantité peut provoquer une intoxication sérieuse voire mortelle!

Quels sont les effets de la belladone ? Des symptômes qui apparaissent rapidement

Les effets de la belladone surviennent souvent dans l’heure qui suit l’ingestion. Ils commencent par une sécheresse intense de la bouche, des difficultés à avaler, une dilatation anormale des pupilles, une vision floue et une sensibilité accrue à la lumière. Très vite peuvent apparaître des signes plus graves comme des hallucinations, une confusion mentale, une agitation ou au contraire un état de somnolence profond. Dans les cas les plus sévères, l’intoxication peut évoluer vers des convulsions, une accélération du rythme cardiaque, une forte fièvre et un coma.

Ce tableau peut sembler effrayant mais il est important de le connaître pour réagir rapidement. En cas de suspicion d’intoxication à la belladone, il faut contacter sans attendre un centre antipoison ou se rendre aux urgences. Il n’existe pas d’antidote à usage domestique pour cette plante. Les traitements hospitaliers visent à stabiliser les fonctions vitales en attendant que le corps élimine les alcaloïdes.

Les lys belladone sont-ils toxiques ? Une confusion fréquente

Il arrive souvent que l’on confonde la belladone avec une autre plante portant un nom similaire : le lys belladone, aussi appelé Amaryllis belladonna. Il s’agit en fait d’une toute autre espèce, originaire d’Afrique du Sud, que l’on retrouve souvent dans les jardins pour ses belles fleurs roses. Contrairement à Atropa belladonna, le lys belladone ne contient pas d’atropine. Il n’en reste pas moins toxique, car comme beaucoup de plantes ornementales, ses bulbes renferment des substances irritantes pour le système digestif. L’ingestion accidentelle peut provoquer des troubles comme des nausées, des vomissements ou des douleurs abdominales, mais la toxicité n’est pas aussi sévère que celle de la véritable belladone.

Cette confusion illustre bien l’importance de toujours bien identifier une plante avant toute utilisation. Les noms populaires ne sont pas toujours fiables et peuvent prêter à confusion, surtout dans le langage courant. Pour plus de détails et de conseils, je vous invite à consulter mon guide sur la cueillette en cliquant ici.

Quelles sont les indications de la belladone ? Un usage strictement médical

La belladone a malgré tout été utilisée pendant des siècles dans la médecine traditionnelle, mais uniquement à des doses très précises et toujours sous contrôle. Dans l’Antiquité, on en extrayait déjà des préparations pour soulager les douleurs, calmer les spasmes intestinaux ou traiter certaines maladies neurologiques. Aujourd’hui encore, certains de ses alcaloïdes comme l’atropine sont utilisés en médecine, notamment en ophtalmologie pour dilater les pupilles ou en anesthésie pour réguler le rythme cardiaque. Mais ces applications passent toujours par des formes pharmaceutiques rigoureusement dosées, préparées en laboratoire.

En homéopathie, la belladone est également employée à des dilutions infinitésimales pour traiter des symptômes fébriles ou inflammatoires. Mais là encore, il s’agit d’un usage très encadré. Ce n’est pas une plante que l’on utilise dans les infusions ou les décoctions maison. Elle ne fait pas partie des plantes que je propose à l’herboristerie, car la frontière entre la dose utile et la dose toxique est bien trop étroite !

Apprendre à connaître les plantes pour mieux se protéger

La belladone nous rappelle à quel point la nature peut être à la fois belle et dangereuse. C’est une plante que l’on peut croiser sans s’en rendre compte lors d’une balade en forêt. Elle ne ressemble pas à une menace mais pourtant elle peut provoquer des intoxications graves, parfois mortelles. Cela ne veut pas dire qu’il faut avoir peur des plantes. Bien au contraire, apprendre à les reconnaître, à les comprendre, c’est se donner les moyens de les utiliser avec intelligence et respect. La phytothérapie repose sur cette connaissance fine et cette capacité à faire la différence entre les plantes utiles et celles qui demandent une distance prudente.

Dans mes accompagnements, je privilégie toujours les plantes sûres, douces, dont les effets sont éprouvés et le maniement sans danger. Il y en a tant qui méritent notre attention, sans qu’il soit nécessaire de prendre des risques. La belladone, elle, reste dans le registre de la plante que l’on observe mais que l’on ne touche pas !

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L’herboristerie, c’est prendre le mal à la racine, mais le plus important c’est de ne pas se planter !

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L'Herboristerie du Dr. Sammut

Cet article a été vérifié par le Docteur en pharmacie et herboriste Paul Sammut.

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